La photographie animalière : au coeur de la faune

Photographier des animaux, certains en ont fait leur spécialité, voire leur métier, la photographie animalière. En tant que photographe, si l’on en vient à photographier les animaux c’est qu’on est plus ou moins intéressé ou passionné par la nature animale.

Vous souhaitez vous lancer dans ce genre de photos mais ne savez pas par où commencer ? Nous allons voir les bases dans cet article !

Rodrigo Izaguirre - Fauna sure photographie animalière

Rodrigo Izaguirre – “Fauna sure”

 

1. Qualités et comptences nécessaires

Tout d’abord, on ne se lance pas dans la photographie animalière par hasard. Si on veut photographier les animaux c’est parce qu’on les aime quand même un petit peu ces petites bêtes ! Il faut donc d’abord avoir un intérêt particulier pour la faune qui nous entoure et donc aussi quelques connaissances sur les espèces que l’on veut photographier. En effet, il s’agit avant tout d’un travail de passionné, il faut être un très bon naturaliste, c’est-à-dire plus ou moins un spécialiste de l’espèce concernée.

Il faut également avoir un grand respect pour la nature. Lorsque vous irez vous promener ou vous poster à un endroit pour shooter il n’est pas question de dénaturer cet endroit avec l’empreinte de l’homme. Le but est de photographier les animaux dans leur environnement sauvage, sans aucune présence de nature humaine ou de ses constructions.

Enfin, il vous faut beaucoup de patience et de persévérence. Vous pourrez passer des journées sans apercevoir le moindre animal et devrez passer beaucoup de temps à étudier son mode de vie avant de vous lancer à la recherche du cliché parfait. La discrétion et la patience seront vos meilleurs atoûts pour que l’animal s’accomode à votre présence et vous laisse pénétrer sur son territoire en sa présence, autrement vous risquez de rentrer bredouille.

 

DEBOECK Lionel - Droit devant photographie animalière

DEBOECK Lionel – “Droit devant”

 

2. Matériel

Il va sans dire que les animaux sauvages craignent la présence de l’homme. C’est pourquoi un objectif longue focale sera votre meilleur allié. Au minimum, la plupart des photographes animaliers vous recommanderont un objectif à 300mm. Plus c’est gros mieux c’est (enfin presque, parce que plus c’est gros plus c’est cher aussi). Une focale fixe sera l’idéal également car vous aurez besoin de beauuuucoup de lumière et généralement les objectifs à focale fixe permettent une plus grande ouverture et donc plus de lumière, vous me suivez ? De plus, de cette manière vous ne perdrez pas de temps à manipuler votre zoom pour rien. Pour débuter, si vous ne possédez qu’un gros zoom (qui doit tout de même atteindre les 300mm de préférence), n’investissez pas dans du matériel hors de prix, contentez-vous de ce que vous avez déjà et améliorez plutôt vos compétences personnelles. On ne sait jamais, si vous vous apercevez que la photographie animalière n’est pas votre truc, vous n’aurez rien perdu. Mais, qui dit longue focale, dit tremblements plus marqués et flou de bougé quasiment inévitable sans trépied en basse lumière. Il est donc recommandé d’avoir un objectif stabilisé si vous voulez obtenir de bons résultats.

Si possible, il faut que votre appareil gère bien la montée en ISO afin de rattraper votre objectif qui pourrait pêcher au niveau de la lumière. Enfin, pour ce qui est des optiques, oubliez les multiplicateurs de focales, cela dégrade trop la qualité de la photographie au final, sur des grandes focales. La lumière, pourquoi est-elle si importante ? Parce que si vous vous lancez dans la photographie animalière, votre premier safari se fera sans doutes non loin de chez vous. C’et-à-dire très probablement en forêt ou en montagne, car c’est là que vous avez le plus de chance de voir des animaux sauvages. Ce sont encore des zones avec une incidence de l’homme sur la nature moindres.

Bhadra Utathya - Timber Wolf or Grey Wolf photographie animalière

Bhadra Utathya – “Timber Wolf or Grey Wolf”

Autres caractéristiques importantes pour votre boitier, il vous faudra un autofocus performant, afin de ne pas rater un cliché d’un instant précis à cause d’une mise au point trop lente ou inefficace en basse lumière. Vous aurez également besoin de shooter au mode rafale pour les sujets vifs, pour être sûr de capter l’image parfaite à l’instant T, et également vous permettre de choisir la mieux réussie sans avoir à vous contenter d’une seule photographie plus ou moins bonne que vous n’aurez aucune chance de corriger. Plus votre mode rafale pourra prendre de vues à la seconde, mieux ce sera. Et pour être efficace il vous faut une bonne carte mémoire qui pourra suivre la cadence d’enregistrement. Parce que, oui, la qualité de la carte mémoire est très importante et notamment sa vitesse d’enregistrement des données afin de ne pas être bridé en mode rafale.

Enfin, dans le cas où vous vous posteriez à un endroit précis (technique “à l’affut”, nous y reviendrons) il vous faudra un trépied bien sûr pour plus de confort, et parfois si possible un insonorisateur pour le déclencheur (appelé “bimp”) afin de garder toute votre discrétion et ne pas effrayer les animaux qui approcheraient. Toujours dans le même cas où vous vous cacheriez, il va sans dire qu’un équipement de camouflage ne sera pas du luxe ! Abri ou costume ce sera selon vos préférences. Et dans tous les cas, une petite paire de jumelles pour la préparation, l’observation et le repérage de votre “cible” sera d’une aide précieuse. D’autant qu’on peut aujourd’hui en acheter pour pas grand chose dans n’importe quel magasin de sport, au rayon randonnée.

Mei Massimo - The deer soul photographie animalière

Mei Massimo – “The deer soul”

 

3. La pratique

Il existe deux techniques de photographie animalière : à l’approche ou bien à l’affût. Nous y reviendrons juste après. Tout d’abord, quelle que soit votre approche favorite, la photographie animalière exige un certain travail en amont. Comme nous le disions plus tôt, les photographes animaliers sont de très bons naturalistes. Ils se renseignent sur chaque espèce avant de chercher à la photographier. C’est une sorte de phase de préparation où vous vous poserez plutôt en tant qu’observateur et étudierez le comportement et le mode de vie des animaux. Cela peut prendre un certain temps avant d’acquérir les connaissances nécessaires afin de pister votre faune locale. Il vous faudra vous armer de patience, ne pas vous laisser tenter et prendre votre appareil directement pour shooter tout ce que vous croiserez, parce que vous ne croiserez pas grand chose sans une étude préalable du terrain.

Il s’agira de prendre le temps de vous renseigner : quels animaux vivent dans le coin que vous convoitez ? Ensuite, une fois que vous avez déterminé les animaux que vous pourrez photographier, il faudra apprendre à les reconnaître et à identifier les traces de leur présence (empreintes, traces d’alimentation, déjections …). En reconnaissant leurs traces, vous pourrez facilement identifier si un animal de cette espèce vit dans les parages. Il vous suffira de vous rendre régulièrement dans la zone une fois que vous aurez trouvé les dites traces, à différentes heures de la journée pour identifier ses habitudes et accroître vos chances de pouvoir l’observer directement. Il est très important de connaître la morphologie de l’animal, à quoi il ressemble, les différences entre les jeunes et moins jeunes, les mâles et les femelles. Connaître également son habitat vous indiquera où chercher plus précisément (on ne cherche pas un oiseau dans un terrier, j’exagère mais vous comprenez le principe !) et enfin son comportement, ses habitudes alimentaires et son rapport à l’homme, pour mieux l’approcher sans l’effrayer et connaître ses limites de tolérance à la présence humaine.

PIERRE Fabrice - le perchoir photographie animalière

PIERRE Fabrice – “Le perchoir”

Une fois toutes ces données collectées, vous êtes prêt à vous lancer dans l’aventure ! Voici les deux techniques que vous pourrez suivre :

  • Photographier “à l’approche” ou aussi connue sous le nom de “billebaude”. Il s’agit de se promener, déambuler dans le milieu naturel des animaux et espérer tomber sur l’animal convoité. Ce sera presque une question de chance mais c’est la technique la plus propice pour les personnes les moins patientes, qui ne seraient pas capables de tenir en place en attendant que les animaux viennent à eux. Evidement les connaissances que vous aurez recueillies au préalable vous seront bien utiles, car vous ne partirez pas à l’aveugle et saurez où vous rendre pour croiser quelle espèce. Mais il y a des jours avec et des jours sans. La discrétion et votre capacité à vous déplacer sans faire de bruit vous sera indispensable, sinon vous ferez fuir les animaux qui ont une ouïe très fine, et ce sera peine perdue.
  • “L’affût”. En vous armant de toute la patience que vous pouvez avoir, il vous faudra vous poster à un endroit stratégique de l’environnement naturel de l’animal, bien camouflé et équipé de tout le matériel nécessaire pour vous faire discret. Il vous faudra sans doute revenir à plusieurs reprises, pour que les espèces locales s’accoutument à votre présence et votre équipement, et viennent d’elles mêmes vers vous. La patience paiera et vous approcherez les espèces désirées, et de surcroit elles auront plus de facilité à avoir un comportement naturel, ce qui vous offrira des photographies de situations extraordinaires.

Vous avez à présent toutes les cartes dans votre main pour réussir de magnifiques photographies animalières, armez-vous de patience et de persévérance ! N’hésitez pas à partager avec nous vos meilleurs clichés de photographie animalière et, qui sait, un jour vous serez peut-être aussi doué que les photographes que nous vous avons présenté dans notre article sur les photographies d’animaux.

Si vous préférez apprécier le travail des autres, n’hésitez pas à vous rendre dans notre galerie de photographies d’art sur les animaux sur notre site !