National Geographic, l’iconique société américaine s’expose dans une des galeries du Musée National d’histoire Naturelle. Nous sommes donc allés visiter pour vous cette exposition incroyable.

A remote camera captures a radio collared cougar in Griffith Park. National Geographic

© National Geographic – Steve Winter – Un appareil automatique prend un cougar et sa balise dans le Griffith Park

 

La National Geographic Society, une instance scientifique

La National Geographic Society est née en 1888 de la volonté d’intellectuels américains d’accroître les connaissances géographiques de l’époque. Le premier numéro sort la même année, mais la photographie n’entre pas encore dans la partie. En effet, la volonté première de la société américaine est de financer des expéditions scientifiques pour enfin combler les espaces blancs des cartes d’alors. C’est sous l’impulsion notamment de son deuxième président, le fameux Alexander Graham Bell (inventeur du téléphone à ses heures perdues), que la société va réellement devenir l’investisseur de prédilection des explorateurs.

Alexander GRaham Bell, National Geographic

Alexander Graham Bell – 2eme Président de la National Geographic Society

Grâce à sa renommée et au soutiens nombreux qu’elle apporte, la National Geographic Society sera à l’origine de nombreuses découvertes dont celle du Machu Picchu par Hiram Bingham en 1911. Peu a peu, la société élargi ses compétences à l’histoire, l’archéologie et l’ethnologie. Les découvertes qu’elle va permettre feront rêver toute une génération d’enfants et de passionnés.

La photo comme arme de diffusion massive

Ce n’est qu’en 1905 que le premier cliché est publié dans un numéro de la société éponyme. Les éditions suivantes de cette revue scientifique arboreront toujours plus de clichés impressionnants. En effet, les photos qui sont prises sont souvent de très grande qualité et rendent compte de situations parfois extraordinaires. C’est notamment le cas de cette jeune femme afghane prise en photo par Steve McCurry ou encore l’un des premier portraits de National Geographic, celui de Robert E. Peary, pionnier de l’exploration polaire.

© National Geographic -Robert E. Peary, Autoportrait

© National Geographic – Robert E. Peary, Autoportrait

Un autre exemple est sûrement celui survenu en 1985. En décembre de cette année, le monde apprend la découverte impressionnante du Titanic dans le numéro de décembre. Le monde est alors stupéfait de cette découverte faite par près de 3 800 mètres de fond alors que cela semblait mission impossible.

Outre l’aspect pûrement scientifique, National Geographic a aussi participé à l’amélioration de la technique photo. La photo est certes un excellent moyen de communiquer sur des découvertes, mais c’est aussi un outil pour les scientifiques. Donc qui dit outil scientifique dit améliorations technologiques. Effectivement, la photographie aide à comprendre les comportements animaliers, à recenser les individus d’un groupe de singes ou d’une meute de loups. L’organisation américaine a donc permis le développement de nouvelles techniques comme le Jacklighting mis au point par Georges Shiras. Il s’agit de prendre en photo un animal depuis un cours d’eau en attirant son regard par une faible source lumineuse. Un flash au magnésium permet alors de capturer l’image de nuit. Le cliché ci-dessous semble avoir été pris hier mais en fait il s’agit d’une photo datant de 1909 !

© National Geographic_Georges Shiras A lynx photographed at night by wildlife photographer George Shiras.

© National Geographic – Georges Shiras – Un lynx photographié de nuit grâce à la technique du jacklighting

Une exposition rondement pensée !

Ayant eu vent qu’une exposition consacrée à National Geographic se tenait à Paris, nous sommes allés à la rencontre de ces chefs d’oeuvres photographiques.

L’exposition commence par une entrée sur la glace. On est plongés dans une atmosphère polaire qui retrace les origines de l’organisation scientifique et notamment la première expédition de Robert E. Peary. Les univers se succèdent alors et on passe progressivement des tréfonds des océans aux sommets inatteignables de l’Himalaya en passant par les immensités forestières de l’Afrique équatoriale.

La réussite de cette exposition tient surtout dans le fait qu’on comprend très facilement la dialectique qu’elle suit : la genèse de la NGS, son développement et l’exploration continue vers de nouveaux espaces, de nouveaux domaines. De plus, en se promenant dans les couloirs pensés par Hind Remblier, on découvre les clichés qui ont rendu la National Geographic si célèbre.

L’exposition se termine par une véritable galerie de portraits. On est alors saisis par les regards profonds du commandant Massoud ou encore le regard expressif d’une indienne en costume traditionnel.

On ne regrettera qu’une seule chose : qu’il n’y en ait pas plus. Car, après une grosse heure de rêverie sauvage, on s’imagine explorateur, photographe ou encore inventeur au milieu des parterres et du zoo du Jardin des Plantes.

Vous avez aussi des envies de rêves ?

Pour accéder à l’exposition, rien de plus simple, il vous suffit de vous rendre au Musée National d’Histoire Naturel (Métro Jussieu). L’exposition est ouverte du lundi au vendredi (sauf le mardi) de 10h à 18h.

Pour plus de détails, n’hésitez pas à vous rendre sur le site du Musée.