La photographie en noir et blanc 

C’est grâce à la photographie numérique que Laury Rouze s’est découvert une passion pour la photo. L’artiste capture des moments anodins de la vie urbaine et naturelle, pour en faire une oeuvre poétique et apaisante. Le noir et blanc est pour lui une façon de se recentrer sur l’essentiel, mis en avant par de magnifique jeux de lumière.

Photographie Laury Rouze

©Rouze Laury – Berges du Rhône

 

Qui êtes-vous ? 

Laury, lyonnais de 42 ans, photographe autodidacte et amateur. Je m’intéresse à la littérature, la musique, à tout ce qui est artistique. 

Quand avez-vous commencé à vous intéresser à la photographie ? Pourquoi avoir choisi de vous tourner à la fois vers  la photographie urbaine et naturelle?

Je m’y suis intéressé sérieusement lorsque j’ai découvert la photographie numérique. Jusque là, ma pratique de la photo était argentique. C’est pour un voyage à New York que je me suis offert mon premier appareil numérique. Je me suis rendu compte à quel point la technologie a changé la pratique, tout en facilitant les choses. Une carte SD permet de récolter un grand nombre d’images, et l’ordinateur remplace le labo de développement. 

Mais je n’ai pas renoncé à l’analogique pour autant. Au contraire, il m’arrive aussi d’utiliser des procédés photographiques du XIXe siècle comme le sténopé ou le cyanotype, pour une approche artistique différente. Je possède une grande collection d’appareils argentiques, ainsi que des Polaroid, dont je me sers souvent.

Pour la photo urbaine, je ne fais que photographier mon environnement. Vivant à Lyon, je parcours cette ville pour capter la vie dans les rues, au milieu de ses bâtiments les plus emblématiques. Je suis un féru de street photo, que je pratique à titre personnel, et avec un matériel moins voyant qu’un reflex. Je tente de relever des instants anodins, mais qui peuvent dire beaucoup en image fixe.

Pour la photo naturelle, ma compagne vit en Auvergne, donc, je la rejoins dés que j’ai du temps libre, et comme elle est aussi photographe, nous nous baladons dans cette région volcanique si propice à la photo de paysage. Chaque été, nous avons l’habitude d’aller au lac du Bourget. J’adore cet endroit, ce n’est jamais lassant de le photographier. Quelle que soit la météo, le moment de la journée, ce lac si cher à Lamartine présente une palette de couleurs et de moments saisissants. 

Photographie Laury Rouze

©Rouze Laury – Lac du Bourget

Photographie Laury Rouze

©Rouze Laury – Tour Eiffel/Trocadero

Vous photographiez principalement en noir et blanc pourquoi ?

Pour moi le noir et blanc est indissociable de la photographie. Le fait de traduire les détails d’une image en différents niveaux de gris permet d’attirer l’oeil sur l’essentiel. Et je trouve que la lumière se révèle mieux en noir et blanc plutôt qu’en couleurs. La perception est différente.

Quel message, émotion souhaitez-vous transmettre au travers de vos oeuvres ?

Absolument aucun. Lorsque je photographie, c’est que quelque chose a attiré mon regard, parfois un détail qui peut échapper. En post-traitement, je ne cherche pas à porter l’attention sur quelque chose en particulier, mais juste assurer une cohérence dans l’image. Ensuite, le spectateur peut avoir son propre ressenti. C’est un peu comme un haïku : seul l’auteur comprend le sens d’un poème abstrait, et le lecteur en a sa propre interprétation.

Photographie Laury Rouze

©Rouze Laury – Place Bellevue

Avez-vous un souvenir d’un de vos shootings que vous souhaiteriez partager avec nous ?

Il m’est arrivé de frôler l’accident lors de shooting en pleine nature auvergnate. Le plus marquant a été au lac Servières. C’était en hiver et l’eau avait gelé. Je me suis avancé pour prendre une photo. Je croyais être sur la rive, mais la neige recouvrant tout, je m’étais aventuré sur le lac sans m’en rendre compte, trop absorbé à régler l’appareil. Ce n’est qu’en me retournant et voyant la distance qui me séparait des randonneurs que j’ai compris où j’étais… J’ai marché prudemment en espérant que la glace ne cède pas sous mon poids, ce qui a été le cas, mais à un mètre de la rive. J’ai eu une belle frayeur, et de l’eau glaciale jusqu’aux genoux.

Quels sont les photographes qui vous inspirent ?

Ils sont nombreux. Il y a surtout Henri Cartier-Bresson, le père  de l’instant décisif. J’apprécie les « street photographers » comme Garry Winogrand, Joel Meyerowitz, Vivian Maier, Alex Webb… J’aime beaucoup les images de Raymond Depardon pour leur côté humaniste, les photographies urbaines en noir et blanc de Jean-Michel Berts. Et pour le paysage, toujours en noir et blanc, ma référence absolue est Ansel Adams.

Photographie Laury Rouze

©Rouze Laury – Sur la Jetée

Quel matériel photo utilisez-vous ?

J’ai longtemps utilisé un Canon EOS 60D. Mais depuis peu, j’ai changé pour un EOS 6D, essentiellement pour son capteur plein format. Mes objectifs sont des Canon EF 17-40mm et 24-105mm. Pour la focale fixe, un 50mm me suffit amplement. J’utilise régulièrement un trépied Benro et un filtre ND1000 pour les poses longues. Sinon, pour ne pas être encombré, j’ai aussi un Fuji X30, petit, pratique, et surtout silencieux. Je vous épargne les nombreux appareils argentiques et Polaroid que j’ai.

Quels sont vos projets à venir pour cette année 2018 ?

Retourner rapidement au milieu des volcans d’Auvergne et au lac du Bourget avec mon nouveau reflex. Avec d’autres photographes, j’ai participé à l’élaboration d’un calendrier prévu pour 2019, entièrement constitué de photos Polaroid. Et ces dernières années, j’ai fait une série d’images sur Lyon, faite avec une « toy camera » moyen-format. Je voudrais en faire un livre, publié en auto-édition.

Vous pouvez retrouver l’ensemble de ces photographies et bien d’autres dans la galerie photos Laury Rouze. L’ensemble des clichés sont disponibles dès 39€, avec un large choix d’encadrements et de formats, le tout made in France. Alors si vous aussi vous êtes fan des photographies en noir et blanc et des somptueux paysages ou poétiques scènes de vie on vous laisse faire votre choix !