Une vision urbaine

Frédéric Monin s’intéresse très jeune à la photographie grâce à sa tante, elle-même photographe. C’est aujourd’hui au travers de magnifiques jeux de lumière et de somptueuses teintes de noir et de blanc que le photographe nous fait redécouvrir des paysages urbains emblématiques.

Photographie de Frédéric Monin

©MONIN Frédéric – End of day in B/W at Lyon

Qui êtes-vous ?
Je suis un photographe spécialisé en cityscape. Je suis né dans l’Oise en France et je vis désormais à Lyon.

Quand avez-vous commencé à vous intéresser à la photographie ? Pourquoi avoir choisi de vous concentrer sur la photographie urbaine ?
En fait, je me suis intéressé très tôt à la photographie grâce à une de mes tantes pratiquant la photographie de paysage et en particulier en montagne et en noir et blanc. C’est ainsi que très rapidement, je suis tombé sous le charme des photographies d’Ansel Adam. Pour autant, c’est par le biais d’une autre de mes passions, l’aviation, que j’ai commencé réellement la photographie en m’achetant un Canon AE1 Program (que je possède toujours), puis un Canon A1. Je parcourais alors les meetings aériens avec ces boitiers et les objectifs loués pour quelques photos réussies.
Heureusement, lors de mes études à Amiens, j’ai eu la chance de pouvoir suivre les premiers cours de photographies intégrées au DEUG SSM (science et structure de la matière), puis à ma licence. Cela m’a permis de me perfectionner en matière de composition, de travail sur la lumière et sur celui du développement des tirages en noir et blanc. Pour autant, une fois mes études terminées, j’ai arrêté la photographie.
Concernant, la photographie urbaine, c’est en fait une circonstance particulière qui m’y a amené. Après de graves problèmes de dos en 2011, il me fallait me trouver une nouvelle activité plus calme physiquement et c’est tout naturellement que je suis revenu à la photo en acquérant un Canon EOS 650D. Même, si ma passion initiale se portait plus sur le paysage de nature, et plus particulièrement celui de montagne, les difficultés physiques m’ont poussé à m’orienter vers des paysages urbains et ce avec beaucoup de plaisir jusqu’à créer en 2015 mon auto-entreprise.
Photographie de Frédéric Monin

©MONIN Frédéric – Bouchon Lyonnais” in the Old Lyon

Vous photographiez principalement en noir et blanc pourquoi ?
En dehors du fait que j’ai commencé la photographie par le noir et blanc, il me permet en réalité de m’exprimer pleinement dans cet art. Je continue bien entendu de faire des photographies couleurs et principalement des couchers de soleil et des photographies de nuit, mais je me sens toujours limité dans mon expression artistique. En effet, les couleurs prennent le pas sur la composition et sur la lumière. Une photographie couleur doit respecter la réalité des couleurs que le photographe a vue lors de la prise de vues, tandis qu’une photographie en noir et blanc est déjà en soi une interprétation. Partant de là, j’ai une liberté totale dans l’ interprétation de mes photographies. Pour autant, mis à part quelques cas particuliers, je prends toujours mes photos en sachant que je les traiterai en noir et blanc. L’expérience, désormais me le permet très facilement.

Dans certaines de vos photographies, vous donnez beaucoup d’importance à la lumière, pourquoi ?
Pour moi, une photographie est une démarche globale entre la composition, la lumière et le développement. Cela a toujours été le cas au fil de l’évolution des progrès techniques de la photographie. Personnellement, une photographie doit être conçue lors de la prise de vue et non plus tard sur l’ordinateur, le travail sur la lumière étant primordial. Vous pouvez avoir la plus belle vue au monde en matière de paysage, de composition,  si la lumière est absente ou mauvaise, il manquera toujours quelque chose à votre photographie et l’émotion ne passera pas. C’est en cela que l’inspiration d’un photographe comme Ansel Adams est aussi importante pour moi et ce même si désormais, je ne travaille plus mes photographies en noir et blanc sous agrandisseur comme à mes débuts, mais sur mon PC sous photoshop à l’aide de calques et de masques.
Photographie de Frédéric Monin

©MONIN Frédéric – Pont des Arts at Paris in N/B

Quel message, émotion souhaitez-vous transmettre au travers de vos oeuvres ?

En réalité, lorsque je prends mes photos et que je les développe par la suite, je cherche avant tout à me faire plaisir et à obtenir un résultat le plus qualitatif possible. Ce n’est qu’une fois la photo terminée, que je sais si elle dégage une émotion personnelle et si je vais la diffuser pour la partager avec le plus grand nombre de personnes. L’émotion est partagée lorsque la photographie devient pour les spectateurs une oeuvre d’art.

Avez-vous un souvenir d’un de vos shooting que vous souhaiteriez partager avec nous ?

Oui. Je m’en souviens parfaitement. J’étais à Paris début avril 2015 et je venais de prendre la décision de créer mon auto-entreprise. Et ce soir-là, pour fêter çà, j’ai suis allé faire des photos de coucher de soleil sur le pont Neuf et la Conciergerie à partir du pont au change. Entre le coucher de soleil et le début de la nuit, j’ai eu toutes les couleurs inimaginables, au point, qu’à un certain moment, je suis passé de photographe à simple spectateur … avant de me re-concentrer sur les photos.

Photographie de Frédéric Monin

©MONIN Frédéric – Blue Hour on the Pont Neuf at Paris

Quels sont les photographes qui vous inspirent ?
S’il ne doit y en avoir qu’un seul, ce serait Ansel Adams. On peut presque dire que je suis né avec les photos d’Ansel Adams devant les yeux. J’ai découvert et adoré son œuvre sur les paysages en noir et blanc. Depuis, il reste le photographe qui m’a le plus inspiré en matière de composition et de traitement en noir et blanc. Quand j’ai acheté mon premier reflex, un Canon AE1 Program, j’ai tenté de m’inspirer de lui quand j’allais en vacances en Auvergne. Encore aujourd’hui, en matière de traitement en noir et blanc de mes photos de paysages et paysages urbains, c’est toujours le photographe dont le travail m’inspire.

Quel matériel photo utilisez-vous ?
J’utilise deux boitiers Canon. Le premier (celui que j’utilise à 95% pour mes photos de paysages urbains) est un Canon 5D Mark IV et le deuxième est un canon 80D. Ce dernier m’est surtout utile lorsque la focale montée sur le 5D n’est pas assez importante. J’utilise avec ce boitier un objectif Canon 18-135 mn f3,5-f5,6. Pour le 5D mark IV, j’utilise le Canon 16-35 mn f4 (une merveille celui-là !!!) et un 24-70 f4. En paysage urbain, j’ai en continuité le 16-35 mn sur le Canon 5D Mark IV, sachant que le 24-70mn est toujours dans mon sac à dos.
J’ai également un Canon 70-200mn f2,8 que j’utilise en portrait, mais également en paysages ou paysages urbains pour des vues sur les toits par exemple.
Sinon, j’ai également deux trépieds Manfrotto que j’utilise bien entendu la nuit, mais également en pose longue le jour pour figer l’eau, donner des effets dans les nuages ou effacer les personnes. En matière de traitement d’images, je shoote exclusivement en RAW et je les traite dans lightroom. J’utilise également Photoshop pour finaliser les photos. Pour mes photos en noir et blanc, je les travaille en fonction des cas dans lightroom ou Silver Efect Pro 2.
Photographie Frédéric Monin

©MONIN Frédéric – Eiffel tower and Paris in B/W

Quels sont vos projets à venir pour cette année 2018 ?
Mes projets pour la fin d’année 2018 sont une exposition de photos en noir et blanc sur Lyon et sa région. De même, je souhaite continuer à visiter les villes en France et en Europe.
Si vous vous aussi vous êtes charmé par le travail de Frédéric Monin, venez découvrir davantage de photographies de l’artiste dans la galerie Frédéric Monin. L’ensemble de ses oeuvres sont disponibles dès 39€ avec un large choix de formats et d’encadrements, le tout made in France.