Une question de point de vue 

Le photographe canadien Sweet Michael Ernest ne vous laissera pas insensible. Son franc parlé, ses photographies de rue et son style atypique vous ferons découvrir un univers singulier et fascinant.  Plongez dans son monde tout en nuance de noir et de blanc pour découvrir le merveilleux travail de cet artiste pas comme les autres.

Photographie Sweet Michael Ernest

©Sweet Michael ernest – Ghost

Qui êtes-vous ?

Je ne suis pas sûr de pouvoir vraiment répondre à cette question. Est-ce que quelqu’un peut ? Je veux dire, je suis photographe, écrivain et professeur, New Yorkais et Canadien. Je suis également un collectionneur et un voyageur.

Pouvez-vous nous dire qu’est-ce qui vous a amené à la photographie ?

Ma tante est une artiste professionnelle et photographe. J’ai grandi avec elle dans la grande ferme équestre qui appartient à ma famille. À cette époque, elle étudiait l’art à l’université et disposait de beaucoup d’équipement. J’ai été autorisé à l’utiliser, je l’ai fait et je suis devenu accro à la caméra.

Quand avez-vous commencé à vous intéresser à la photographie de scène de vie ? Pourquoi avoir choisi ce thème ?

Je parlerai plus de photographie de rue !  Je me suis intéressé à la photographie de rue vers 2010 ou plus. Je pense que c’était principalement une confluence de deux choses : l’accès à la rue et la popularité du genre à cette époque. Photographier les gens dans la rue était facile pour moi. J’avais accès aux rues de deux des plus grandes villes du monde : New York et Montréal. Travailler en studio ou sur place demande beaucoup de travail. Je pense que c’est la raison pour laquelle tant de gens se tournent vers la photographie de rue. Il n’y a pas grand chose à faire, juste une caméra et la rue. Le plus difficile est de faire de la bonne photo de rue. Je ne sais pas si je l’ai fait ou non, mais je peux certainement vous dire que beaucoup, beaucoup de photographes de rue produisent une merde totale.

Photographie Sweet Michael Ernest

©Sweet Michael ernest – Aged Hands

 

Photographie Sweet Michael Ernest

©Sweet Michael ernest – Legs on Broadway

Pourquoi la photographie en noir et blanc ? 

Eh bien, comme l’a dit Woody Allen, New York est une ville en noir et blanc. Les choses ne sont pas belles, ni colorées ici, comme cela peut être le cas dans les pays méditerranéens ou tropicaux. New York est sale et sombre. Les choses vont mieux en noir et blanc. De plus, j’ai commencé à utiliser le numérique en 2012 et je trouve que le numérique est meilleur en monochrome. La couleur numérique me semble trop fausse la plupart du temps. Je sais que beaucoup de gens pensent totalement le contraire, mais c’est mon ressentit avec mon expérience personnelle.

Vos photographies mettent en scène différents personnages dans la vie de tous les jours. Sont-ils au courant que vous les photographiez ? Vos photographies sont-elles des mises en scène ?

Non, aucune de mes photographies sont mises en scène, tout est franc. Je ne dis jamais au gens que je les photographie, jamais ! Je n’aime pas interagir avec les gens que je photographie. J’ai toujours utilisé de petits appareils, bon marché, des appareils photos comme ceux qu’utilisent les vacanciers. Grâce à cela j’ai toujours été très discret. De toute façon, je suis rarement soupçonné d’être un photographe professionnel.  Je veux dire que je photographie souvent mes sujets de très près, ils peuvent presque sentir mon appareil ! J’utilise des objectifs grands angles et je m’approche.

Photographie Sweet Michael Ernest

©Sweet Michael ernest – Death by Sun

Photographie Sweet Michael Ernest

©Sweet Michael ernest – Me and the Two of Them

Photographie Sweet Michael Ernest

©Sweet Michael ernest – The Board

Quel message, émotion souhaitez-vous transmettre au travers de vos œuvres ?

Je n’ai aucun message dans mon travail. Je fais juste des photos. Il appartient au spectateur de décider si elles ont un sens ou non.

Avez-vous un souvenir d’un de vos shootings que vous souhaiteriez partager avec nous ?

J’ai eu quelques confrontations au cours des années. J’ai beaucoup photographié à Coney Island et les gens là-bas peuvent parfois être un peu bourrus. Une fois, une femme m’a dit que je n’avais pas le droit de la photographier. Bien sûr, elle avait tort. La Cour suprême de New York a statué que toute personne en public peut être photographiée sans autorisation. Je lui ai dit d’appeler la police. Même si elle le faisait, ils ne répondraient jamais.

Quels sont les photographes qui vous inspirent ?

Bruce Gilden et Moriyama m’ont inspiré très tôt. Cependant, j’ai rapidement développé mon propre style et je me suis éloigné de ces influences. Je pense que mon travail le plus connu ressemble surtout au travail de Mark Cohen et Ralph Gibson – bien qu’aucun d’entre eux ne m’a vraiment inspiré. Ce que j’admire vraiment, c’est un photographe qui peut faire une belle photo dans un studio. Peut-être quelqu’un comme Helmut Newton, c’est celui que j’admirerais le plus. Il était un vrai photographe. Les photographes de rue sont pour la plupart des poseurs, des faux.

©Helmut Newton

Moriyama

©Moriyama

Bruce Gilden

©Bruce Gilden – USA. New York City. 1986.

Quel matériel photo utilisez-vous ?

J’ai utilisé un Leica 15K, un appareil photo à 100 $. Je ne suis pas particulièrement interessé par les appareil photos. Mais l’appareil photo que j’ai le plus utilisé, certainement celui qui a capturé la plus grande partie de mon travail, c’est un Ricoh GD Digital IV.  C’était un appareil photo vraiment fantastique. Très spécial en effet.

Quels sont vos projets à venir pour cette année 2018 ?

J’ai arrêté de photographier. Je ne suis plus vraiment intéressé par la production de photographies. Je pense avoir dit ce que je voulais dire, visuellement. Maintenant, je travaille comme journaliste et critique pour différents magazines de photographie. J’enseigne aussi à temps plein. Pour l’instant, c’est assez.

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