La rue, son terrain de jeu

C’est entouré de passionnés de photographie que Mathieu Alemany a grandi. Après quelques essais avec son smartphone, le photographe se découvre très vite lui aussi une passion pour la photographie. C’est aujourd’hui dans les rues de Paris, qu’il capture de sublimes photographies de rue. Entre photographie décalée et photographie de rue, Mathieu Alemany nous emporte dans son univers captivant.

Photographie Mathieu Alemany

©Mathieu Alemany – Double exposition rouge sur rouge

Qui êtes-vous ?
Je suis Mathieu, un breton d’origine. J’habite à Paris car dans ma branche, la conception mécanique, c’est dans la capitale qu’il y a le plus d’opportunités !
Quand avez-vous commencé à vous intéresser à la photographie ? Pourquoi avoir choisi de vous concentrer sur la photographie “décalée” ?
Je crois que j’ai toujours plus au moins aimé ça. Mon père avait des caisses entières remplies de diapositives, les appareils de mon grand-père faisaient office d’objets de décoration à la maison et mon frère s’est également mis à la photo. En bref, j’ai toujours côtoyé des appareils photo et des photographes ! Je pense que le vrai déclic a été avec mes premières photos prises au smartphone. Elles m’ont donné envie d’aller un peu plus loin et d’acheter mon premier appareil par la suite.
J’ai énormément traîné sur les forums photos qui sont des sources inépuisables d’informations en tout genre. J’y ai trouvé une super équipe qui m’a guidé et ma appris la photo de A a Z jusqu’à devenir administrateur de ce forum par la suite et aider les débutants qui comme moi voulaient progresser !
Les photos décalées sont venues d’un constat simple. Les photos où les gens sont reconnaissables sont délicates en termes de droit à l’image ! Par exemple, en y ajoutant un masque, c’est un petit pied de nez pour rendre anonymes ces gens et ainsi pouvoir présenter des photos de rues “dans les règles”. C’est également un moyen de rendre plus fun des scènes que l’on connais déjà sous tous les angles (les toits parisiens, la tour Eiffel, le pont de Bir Hakeim) une façon de sortir son épingle du jeu peut-être. Le coté décalé parle à tout le monde et ça m’a amusé de le faire. On dit qu’on progresse lorsqu’on s’amuse ! Toutes ces photos m’ont permis de progresser avec mon logiciel de retouche, tout en proposant des photos de rue amusantes !
Photographe Mathieu Alemany

©Mathieu Alemany – Anonyme de Port Royal

Photographe Mathieu Alemany

©Mathieu Alemany – Violon Anonyme

Vous photographiez à la fois en couleur et en noir et blanc. Comment faites-vous votre choix lors d’un shooting ?

Le choix se fait en fonction de ce que l’on veut faire passer comme message. Certaines scènes ne se prêtent pas à la couleur et d’autre pas au noir et blanc ! Le noir et blanc à un coté plus graphique. Il nécessite de réfléchir un peu plus pour “oublier” la couleur et se concentrer sur le côté graphique/émotionnel de la scène. Beaucoup de gens ont tendance à se dire que le noir et blanc est facile, moi j’aurai plus tendance à dire que c’est bien plus difficile… Les belles couleurs ne sont plus là pour capter l’attention ! Pour les montages j’ai une préférence pour le noir et blanc, car dans ce cas là, c’est un peu plus facile et ça permet de se concentrer sur la scène et non sur les petits détails !

Photographe Mathieu Alemany

©Mathieu Alemany – Rer zébré

Quel message, émotion souhaitez-vous transmettre au travers de vos oeuvres ?
J’aime les scènes cocasses, intrigantes, impressionnantes, étonnantes, touchantes, (…) J’aime les gens et ce qu’ils dégagent dans leurs vies de tous les jours.  Et c’est d’autant plus vrai à Paris ! En une journée on peut trouver énormément de scènes diverses ! C’est un bonheur pour la photographie de rue que j’affectionne particulièrement. Il faut pouvoir comprendre en regardant une photo, pourquoi le photographe a déclenché. Qu’est-ce qu’il a vu à ce moment-là. Je m’efforce au maximum lorsque je prend des photos d’être capable de raconter ce que j’ai vu au moment où j’ai appuyé. Je prends la photo comme un moyen de montrer mon point de vu.
A partir du moment où le lecteur à une réaction quelle qu’elle soit devant une photo, on peut considérer que c’est réussi !
©Mathieu Alemany - L’éléphant de Bir Hakeim

©Mathieu Alemany – L’éléphant de Bir Hakeim

Avez-vous un souvenir d’un de vos shooting que vous souhaiteriez partager avec nous ?
Je ne fais pas réellement de shooting, alors je raconterai plutôt la fois où j’ai fait une session photo sur un ancien aéroport où quelques vieux avions étaient stockés. J’avais ce jour-là mon appareil argentique que j’avais laissé dans mon sac posé sur la voiture. Comme il faisait nuit, la personne qui était avec nous décida de bouger la voiture pour tourner les phare vers l’avion ! Sauf que j’avais posé mon sac photo sur le toit…
Le sac glissa pendant la manœuvre et alla se caler sous la roue avant. Et évidemment la voiture roula sur le sac… En ouvrant, l’appareil était presque intact (un vrai tank ce Rolleiflex SL35) seul l’objectif était “tordu”. J’ai pu le démonter et récupérer le bloc optique pour en faire un objectif à bascule (tilt-shift) que j’utilise encore aujourd’hui et qui me permet de faire des photos uniques et particulières. Peut-être que c’était un mal pour un bien finalement !
Photographie Mathieu Alemany

©Mathieu Alemany – Contre-jour rue d’Alesia

Photographie de Mathieu Alemany

©Mathieu Alemany

Quels sont les photographes qui vous inspirent ?
Majoritairement les photographes de reportage. Particulièrement Willy Ronis qui m’a beaucoup inspiré avec notamment un de ses livres “Ce jour-là ” qui montre à quel point l’histoire d’une photo est aussi importante que la photo elle-même. Poser un contexte permet de renforcer le message que l’on veut faire passer ! Ensuite il y a evidemment Henri Cartier-Bresson et des expos magnifiques et formatrices sur son travail et sa façon de voir les choses. J’aime également beaucoup le travail de Stanley Kubrick pour son coté graphique, symétrique, pastel que j’affectionne particulièrement !
Quel matériel photo utilisez-vous ?
J’utilise un boitier Sony A7mk2 avec deux optiques Minolta (28mm f2.8 et 50mm f1.4) plus mon optique maison à bascule. En parallèle j’utilise également un Canonet QL17 pour l’argentique ainsi qu’un Minox 35GT. Mais globalement quand je sors je ne prends qu’un seul appareil et qu’une optique ! Lorsque l’on a moins de matériel, nous avons plus de restrictions et ainsi plus de créativité : “Il ne faut pas que l’envie dépasse le besoin”.
Photographe Mathieu Alemany

©Mathieu Alemany – Tomate géante

Quels sont vos projets à venir pour cette année 2018 ?
Photographiquement parlant, j’ai commencé ces derniers mois à faire des reportages de mariage. C’est un peu comme de la photo de rue mais en milieu fermé avec des gens bien habillés et heureux ! C’est très formateur également, surtout que je le fait qu’avec des optiques manuelles, un peu comme du temps de l’argentique ! J’ai appris la photo comme ça, donc je ne me voit pas utiliser d’autofocus… Les autre projets sont de continuer à faire de la photo, d’apprendre de nouvelles chose et de me faire plaisir !

Vous pouvez retrouver l’ensemble de ces photographies et bien d’autres sur notre galerie photos de Mathieu Alemany. Ces oeuvres exclusives sont disponibles dès 39€, avec un large choix de formats et d’encadrements, le tout made in France. On vous laisse découvrir !