Un condensé d’histoire réalisé par des amateurs

L’histoire et la photo sont souvent perçus comme deux domaines assez statiques. La photographie contrairement au cinéma n’a pas la dimension mouvante et l’histoire est trop souvent cantonnée aux grands récits historiques gravés dans le marbre de chaque culture ou nation.

Cependant, la technologie permet de réveiller ces deux disciplines et de faire de l’histoire et de la photographie le fer de lance de la compréhension historique. C’est le défi qu’a tenté de relever la chaîne Arte. En effet, depuis l’année dernière, la chaîne publique propose des petits épisodes d’histoire d’une vingtaine de minutes alimentés par les clichés de photographes amateurs. Aucun d’eux ne fut reconnu de son temps sur l’Instagram de l’époque, mais grâce à ces photos, l’histoire nous semble revivre.

Du médecin des colonies au GI du Vietnam

On a souvent parlé de ce sujet épineux de la colonisation, et les plaies sont encore béantes comme le prouvent les réactions politiques sur le sujet ces derniers temps. Toutefois, le projet “Instantané d’histoire” nous amène le témoignage d’un jeune médecin militaire du début du XXe siècle. On est touché par l’humanité de ce photographe confronté à la période sombre du bagne.

Toute la série se déroule ainsi. Les témoignages de jeunes photographes se succèdent, notamment celui de Dan Love un jeune mécanicien de 21 ans, durant son “Vietnam Tour”. On voit apparaître le tiraillement d’une génération, déprimée par une guerre qu’elle ne comprend plus et qu’elle rejette. Les images de cet épisode sont puissantes et ont le mérite de parler à celui qui les regarde.

Pourquoi on aime ?

Toute la force de cette série est donc d’associer un témoignage générationnel et des photographies qu’on n’a pas l’habitude de voir. La chaîne qui s’est toujours distinguée pour montrer l’histoire sous un nouveau visage a réussi le pari en nous proposant une quinzaine d’épisodes revenant sur les grands évènements du siècle dernier.

Une autre raison qui nous fait aimer est sûrement la réflexion que cette série peut inspirer. Effectivement, les réseaux sociaux permettent aujourd’hui quelque chose qui était autrefois impossible : le partage. Or parfois, nous avons peut-être tendance à partager des futilités (Oui, chez Pixo on aime s’envoyer des photos de nos déjeuners respectifs) et cette série nous rappelle que la photographie permet de figer un instant de manière permanente dans le temps. Par une photographie comme celle qu’on aperçoit dans ces “Instantanés d’histoire”, on devient en quelque sorte historien. On place alors ce moment dans une cloche de verre et on l’observe. Vous nous l’accorderez, on est loin de votre brunch de dimanche à base de céréales, omelette et autre plats bien “healthy”.

N’hésitez pas à redécouvrir la rétrospective sur les jeux d’enfants d’autrefois. Vous découvrirez alors les photographies d’amateurs, souvent inédites, qui sont saisissantes de vie.